15 avr. 2017

Calme - Michael Acton Smith

Douceur et sérénité 



Auteur : Michael Acton Smith
Éditeur : Pygmalion
Parution : mars 2016
Genre : Pratique, développement personnel 
Nombre de pages : 224
Prix : 15€

Résumé : Des trains retardés, des emails à ne plus savoir qu’en faire, il est grand temps de faire une pause. Rechargez les batteries et vivez l’instant présent. Ce livre a trois objectifs : revenir à la paix intérieure, se réapproprier son espace, et prendre le temps. Grâce à un mélange d’activités créatives et de textes d’inspiration, Calme vous ouvrira au plaisir et à la richesse de votre vie quotidienne. 













J'ai reçu ce livre grâce à un concours organisé par Moody en collaboration avec les éditions Pygmalion. Je vous remercie, encore une fois ! J'ai ouvert ce bouquin sans vraiment savoir ce qu'il renfermait. Quelle jolie surprise de découvrir ce "guide" de vie ! 














Ce que j'ai d'abord adoré c'est le travail d'édition. Calme est vraiment un très joli objet-livre. Les coins des pages arrondis, la couverture toute douce, le papier, la mise en forme des pages, les jolies photos, les citations... Tout cela est réfléchi pour que ce livre soit un petit cocon dans lequel on se plonge sans réfléchir et c'est réussi ! 

Calme est découpé en différentes parties. Il y a par exemple : la nature, le travail, les enfants, la créativité... Tout cela est très bien ordonné et clair. Le sujet qui revient le plus souvent selon moi est la méditation. On nous explique ce que s'est, comment la pratiquer, etc... 










Je ne vous cache pas que ce livre n'est pas révolutionnaire. C'est vrai que l'on connait presque tous ces petites astuces et ces petits conseils mais il est parfois bon de s'en souvenir. Ce livre permet de les regrouper dans un seul et même ouvrage que l'on peut aisément feuilleter de temps en temps. Malgré son côté "classique" et peu révolutionnaire, ce livre m'a quand même appris quelques petites choses. J'ai retenu en particulier cette technique du bocal à pensées : un bocal dans lequel on met de l'eau, des paillettes et du colorant alimentaire. Lorsqu'on le secoue, les paillettes s'éparpillent puis se "calment" tout doucement pour aller se poser au fond du bocal. Ce bocal serait alors la métaphore de nos pensées d'abord agitées mais qui peuvent l'être moins si nous nous calmons. 







En bref, je vous invite à découvrir ce joli livre si vous le voulez, vous ne le regretterez pas. En plus, à la fin on y découvre deux petites "surprises" très mignonnes ;-) 


La prochaine fois que vous passez du temps avec quelqu'un que vous aimez, éteignez votre téléphone.


8 avr. 2017

Ahlam - Marc Trévidic

La jolie surprise 


Auteur : Marc Trévidic
Éditeur : JCLattès
Parution : 6 janvier 2016 
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 324
Prix : 19€

Résumé : Lorsqu’en 2000 Paul, célèbre peintre français, débarque aux Kerkennah en Tunisie, l’archipel est un petit paradis pour qui cherche paix et beauté. L’artiste s’installe dans « la maison de la mer », noue une forte amitié avec la famille de Farhat le pêcheur, et particulièrement avec Issam et Ahlam, ses enfants incroyablement doués pour la musique et la peinture. Peut-être pourront-ils, à eux trois, réaliser le rêve de Paul : une œuvre unique et totale où s’enlaceraient tous les arts.
Mais dix ans passent et le tumulte du monde arrive jusqu’à l’île. Ben Ali est chassé. L’islamisme gagne du terrain. L’affrontement entre la beauté de l’art et le fanatisme religieux peut commencer.




Quand j'ai débuté cette lecture, je ne savais absolument pas où je mettais les pieds. J'en ressors émue et très heureuse d'avoir fait cette découverte. Il me semble important de savoir qui est l'auteur d'Ahlam avant de débuter cette chronique. Le visage de Marc Trévidic vous est peut-être familier. Cet homme, avant d'être auteur est un magistrat et spécialiste des questions de terrorismes et de radicalisation. Ses différentes casquettes sont importantes et justifient l'écriture de ce roman à mes yeux. 

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Dès les premières pages, on fait la rencontre de Paul, un célèbre peintre français qui a besoin de changer d'air et décide donc de venir en Tunisie, plus précisément à Kerkennah. Là-bas, il fait la rencontre de Farhat, un pécheur, papa de deux beaux enfants : Issam et Ahlam. Ces deux hommes vont liés une amitié très forte et très belle. 

C'est d'abord cette amitié qui m'a touchée. J'ai le sentiment de ne pas avoir lu beaucoup de roman avec une histoire d'amitié entre deux hommes, qui plus est, entre deux hommes adultes. Leur relation est saine, basée sur la confiance, la communication et l'entraide. Paul va d'ailleurs être d'une immense aide lorsque Nora, la femme de Farhat, va s'éteindre. 

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De plus, Paul va aussi être une personne très importante dans la vie des deux enfants de Farhat. Etant lui même artiste, il va être le professeur de peinture d'Issam et le professeur de piano d'Ahlam. L'art va prendre une place très importante (pour ma plus grande joie) dans ce roman. Paul, même si très strict avec ces deux jeunes élèves, va être un professeur passionnant pour Issam et Ahlam. Cette relation entre ces trois êtres va vous toucher, c'est certain.

Malheureusement, Issam va commencer à avoir des relations douteuses. Ce jeune garçon, plutôt naïf et candide va se laisser embourber dans un monde complètement en inadéquation avec tout ce qu'il avait connu jusque là. C'est alors là que le travail de Marc Trévidic devient très intéressant. Son but avec ce roman, et il le dit lui-même est d'étudier le "basculement de jeunes intellectuels vers l’extrémisme, lors du printemps arabe en Tunisie". Evidemment, de part son métier, il est légitime à le faire car il connait que trop bien cette thématique. On voit alors petit à petit comment les graines vont être semées dans l'esprit d'Issam et comment, ce jeune garçon pourtant promis à un très belle avenir va basculer dans la radicalisation

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Je pense qu'il est extrêmement important de lire et faire lire ce roman. Je ne vous fait pas un dessin, vous savez autant que moi ce qu'il se passe dans le monde depuis plusieurs années. Le processus qui amène (en particulier les jeunes) à se radicaliser est excessivement bien expliqué dans ce roman grâce aux connaissances de l'auteur. Je vous invite milles fois à découvrir cette histoire. 

N'ayez crainte, ce n'est absolument pas un essai ennuyant. Cette histoire est entrecoupée avec une très belle histoire d'amour et une d'amitié. On ne s'ennuie pas, on veut sans cesse connaitre la suite et découvrir la fin (celle-ci ne vous laissera pas indifférent, croyez-moi). 

Lisez-le. 


"La souffrance qui vous prend par surprise est tellement plus supportable que celle qui se rappelle à vous."


2 avr. 2017

Petit pays - Gaël Faye

Un premier roman très réussi 


Auteur : Gaël Faye
Éditeur : Grasset
Parution : 24 août 2016
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 224
Prix : 18€

Résumé : «Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait “Comment ça va ?” je répondais toujours “Ça va !”. du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par “Ça va un peu”. Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé.»

G.F.



Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur ... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.


J'ai découvert Gaël Faye dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché" du 24 septembre 2016. J'ai tout de suite aimé cette personnalité. Il est très attachant et a beaucoup de cordes à son arc : auteur, compositeur, interprète et maintenant auteur avec ce fabuleux premier roman. Il est important de savoir que ce livre n'est pas autobiographique ; simplement, l'auteur s'est inspiré de sa propre vie, son parcours, son histoire, son enfance... En effet, l'auteur partage les mêmes origines que son personnage principal, Gabriel, mais ils n'ont pas la même histoire. 

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C'est d'abord un très joli récit que l'on découvre à l'ouverture de ce livre. Cette histoire est remplie de sincérité, de bienveillance. Nous assistons à des moments de vie heureux, beaux et joyeux. De plus, Gabriel, le jeune narrateur, est très attachant. C'est un petit bonhomme qui va finalement devoir comprendre beaucoup de choses plus tôt que prévu et qui va grandir rapidement. 

La dernière partie est alors une grande claque qui bouscule tout ce bonheur qui était décrit. La guerre arrive. La guerre tue. On s'attache tellement aux personnages qu'il est difficile d'accepter leur destin. La mère de Gabriel est également un personnage très important. Elle va devoir se confronter à la mort de près. Cela va la bousculer, la changer à jamais et la faire devenir presque-folle. Pour moi, les passages où l'on peut percevoir son changement, ses hallucinations et sa folie ont été très difficiles. 

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En outre, passionnée de littérature que je suis, le passage sur les livres m'a énormément touché. En effet, Gabriel, dépassé par les événements va se réfugier dans le monde merveilleux qu'est la lecture. Les livres vont lui permettre de s'évader. Ils deviennent son refuge. Cette image est très belle et très bien décrite par Gaël Faye. 

Le point le plus important pour moi a été l'écriture. Punaise ce que ce mec écrit bien ! C'est de la poésie à mes yeux, vraiment. D'ailleurs, j'ai écouté ses chansons par curiosité et j'adore ! Je vous conseille donc vivement d'aller écouter ce qu'il fait autant que d'aller lire son merveilleux premier roman. 

"Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis." 




26 mars 2017

Etonnez-moi - Maggie Shipstead

Un roman très brouillon 

Auteur : Maggie Shipstead
Éditeur : France Loisirs
Parution : 14 octobre 2015
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 384
Prix :  20€50

Résumé : La grâce. C’est ce que voit Joan lorsqu’elle regarde danser Arslan Rusakov. La grâce qui la sépare, elle, petite ballerine à l’Opéra Garnier, de cette superstar du ballet soviétique. Pour s’en approcher, une fois, une seule, Joan se glisse un soir dans sa loge pour une étreinte furtive, passionnée, comme une supplique : « Étonnez-moi ».

Vingt ans plus tard, Joan vit dans une petite banlieue de Californie, où elle se consacre désormais à son mari et à son fils, Harry. Son passé de danseuse, elle a choisi de l’oublier.
Mais comment oublier quand elle regarde Harry danser ? L’enfant montre de prodigieuses aptitudes. Pour lui, Joan va renouer avec l’univers du ballet, ce monde aussi cruel que merveilleux, qui a brisé son cœur, son corps et tous ses rêves. Un monde où évolue encore Arslan…




J'aime la danse, particulièrement la danse classique. Voilà pourquoi j'étais impatiente de découvrir ce roman. Je pensais pouvoir apprendre les dessous de la vie des danseurs classique à la lecture de ce livre. Ce ne fut pas le cas, petite déception. 

Une des choses qui m'a le plus dérangé dans ce roman, ce sont les sauts dans le temps. On passe d'une année à la suivante en un chapitre puis on retourne en arrière au chapitre suivant... On est tout simplement perdus au bout de 50 pages ! De plus, l'histoire est "brouillonne" au possible, sans réel fil conducteur. Les personnages sont ennuyeux donc on ne leur porte pas d'intérêt ni d'attachement. 

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J'ai l'impression que l'auteure a voulu traiter de beaucoup trop de sujets pour un seul et même livre. Mais, ça ne fonctionne pas et c'est donc un gros fail pour ma part. Aussi, l'auteure change de narrateur d'un chapitre à l'autre. Cela rajoute une dose d'incompréhension et de "WTF ?". 

Sans grand étonnement, je ne vous conseille pas la lecture de ce roman ; passez votre chemin (enfin si vous voulez vous faire votre propre avis, c'est tout à votre honneur of course!). Pour tout vous avouez, je n'ai pas lu les 50 dernières pages. J'ai tant d'autres livres à lire qui vont me passionner davantage. 


"Je pense que ça varie selon les gens, mais la sagesse populaire veut que, quand on se trouve à proximité de la personne dont on est amoureux, on se sente heureux, plus qu'heureux - euphorique. On cherche à être en permanence au contact de cette personne. On ne voit pas ses défauts. Certains disent que leur cœur bat plus vite. Qu'ils deviennent nerveux. Je pense qu'on le sait quand on le ressent." 

25 févr. 2017

12 years a slave - Solomon Northup

Un témoignage bouleversant 


Auteur : Solomon Northup
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2 janvier 2014
Genre : Témoignage
Nombre de pages : 299
Prix : 16€95 

Résumé : 1841, ville de Washington. Deux hommes abordent Solomon Northup et lui proposent de jouer du violon dans leur cirque itinérant. À peine a-t-il accepté de les suivre qu’il est drogué et enlevé. Son identité est effacée et il est contraint de se présenter comme un esclave de naissance. Pendant douze terribles années, Solomon est vendu de propriété en propriété, travaillant dans les champs de coton ou sur des chantiers de construction en Louisiane. Dormant à même le sol poussiéreux, affamé, fouetté, il est menacé de mort par des maîtres qui le considèrent comme un sous-homme. Seule sa volonté de fer lui permet de ne pas sombrer dans la folie. Car Northup n’a qu’un objectif : survivre pour retrouver sa femme et ses trois enfants. Il ne laisse pas la cruauté le briser, et n’oublie jamais qui il est réellement : un homme prêt à tout pour retrouver sa liberté



Avant de débuter ma chronique, je tiens à dire qu'évidemment je ne vais absolument pas juger l'histoire racontée dans ce livre étant donné qu'elle a réellement été vécue par l'auteur. Nous sommes là dans le cas d'une non-fiction. 12 years a slave est le témoignage de Solomon Northup, un Noir libre devenu esclave car pris au piège par deux hommes. C'est l'histoire de la vie d'un père de famille, mari et homme libre qui va être bouleversé. 


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J'ai pris mon temps pour lire ce livre, qui n'est certes pas long, mais qui était très dur à lire car très pesant. Je le sais, dès que je lis des témoignages et autres histoires vraies, j'ai du mal à avancer dans ma lecture. J'ai d'ailleurs souvent abandonné des témoignages car ils étaient trop difficiles à lire pour moi. 12 years a slave ne déroge pas à la règle mais je ne l'ai pas abandonné car j'ai aimé ma lecture que j'ai trouvé passionnante malgré tout. C'est un récit émouvant, dur et très poignant

Même si je ne peux juger l'histoire en tant que telle, je peux vous parler de l'écriture de Solomon Northup qui est très agréable. J'ai apprécié les moments où il s'adressait directement à nous, lecteurs. Dès le début, on a l'impression qu'il est désireux de partager cette partie de sa vie avec nous et qu'il est important pour lui que l'on comprenne les moindres détails. Il raconte son histoire avec beaucoup de sincérité ; sans ni exagérer, ni adoucir les faits. 

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Solomon change de maître durant sa vie d'esclave et nous fait part des différences de traitements qu'il a observé. Il semble important pour lui de montrer aux lecteurs que chaque maître est différent et que ce ne sont pas tous des monstres inhumains. Aussi, il met un point d'honneur à nous parler de ses différents compagnons. Certaines de leurs histoires sont également très émouvantes et poignantes. Il faut également savoir que Solomon Northup était violoniste. La "relation" qu'il entretient avec son instrument et avec la musique en général est très belle. C'est un pan du récit qui m'a énormément touchée

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Solomon Northup écrit son récit au passé, alors qu'il est sorti de son statut d'esclave et qu'il a recouvré sa liberté. Nous savons donc d'avance que l'esclavage ne lui a pas ôté la vie. La dernière partie du livre est donc consacrée à sa libération qui est, je dois le dire, excessivement émouvante

Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce récit grâce au film qui s'en est inspiré et qui porte le même titre. J'ai récemment acheté le DVD pour pouvoir le visionner une fois ma lecture terminée. Maintenant que cela est fait, j'ai hâte de découvrir ce que donne ce témoignage sur écran. 


"La moindre pause, le moindre retard, les mouvements lents ou languissants étaient dès lors interdits ; il fallait être vif, animé, alerte. « Vers le haut, vers le bas, talon, pointe et on repart ». La silhouette corpulente d’Epps se mêlait à celles de ses esclaves sombres et se déplaçait rapidement dans le dédale des danseurs."





20 févr. 2017

Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie Zenatti

Une pépite dont on ne parle pas assez 



Auteur : Valérie Zenatti 
Éditeur : L'école des loisirs 
Parution : 14 janvier 2005 
Genre : Jeunesse
Nombre de pages : 179
Prix : 9€50

Résumé : C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen : un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue routine, et la Ville sainte va tout droit en enfer. Tal, elle, ne s'habitue pas. Elle aime trop sa ville et la vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage. Un jour, en plein cours de biologie, une ampoule s'allume au-dessus de sa tête, comme dans un dessin animé. Voilà des jours qu'elle écrit ce qu'elle a sur le cœur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer de joie, le jour de la signature des accords de paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion, la révolte, la terreur, et l'espoir quand même. Ce qu'elle pense, ce qu'elle écrit, quelqu'un doit le lire. Quelqu'un d'en face. Elle l'imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux noirs. Eytan, le frère de Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une bouteille et la lui confie...


Tal aime écrire, c'est un fait. Mais il y a plusieurs façons d'écrire : pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre. Elle prend l'habitude d'écrire ce qu'elle ressent, ce qui la rend en colère, ses espoirs. Elle vit à Jérusalem, cette ville qui un jour va voir mourir six personnes lors d'un attentat dans un café. Ce jour là, Tal explose et veut que cette guerre cesse. Elle n'accepte pas que chez elle, dans sa ville qu'elle aime des gens meurent. Elle le sait, ses écrits doivent être partagés et lu par quelqu'un. Elle demande à son militaire de frère de jeter la bouteille en verre dans laquelle elle a glissé ses écrits à la mer lorsqu'il partira faire son service militaire. 

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Tal est indéniablement un personnage touchant. Cette jeune fille est extrêmement intéressante et intéressée ; elle est curieuse, intelligente, peut-être quelques fois naïve mais irrésistiblement attachante. Je me suis beaucoup reconnu en elle c'est-à-dire en une personne curieuse de savoir "pourquoi?" : Pourquoi on se fait la guerre ? Pourquoi des gens tuent des innocents ? Pourquoi on a peur de mourir dans l'endroit où l'on a vu le jour pour la première fois ? Pourquoi ? Cette curiosité maladive et ce besoin d'être "utile" et d'agir m'a énormément touché. Vous l'aurez compris, Tal est un personnage que je n'oublierai pas de si tôt ! 

Tal va, à son plus grand bonheur, recevoir une réponse à sa bouteille jetée à la mer. Certes, son interlocuteur n'est pas comme elle l'imaginait mais leurs discussions vont tout de même la ravir. C'est Naïm, un jeune palestinien qui va alors entretenir avec Tal une correspondance par mails. Je pense que l'on peut parler de roman épistolaire 2.0 ;-) Naïm est d'abord très mystérieux car il ne dévoile que très peu sa vie et son histoire. Au fil de la lecture, on se rend compte que ce jeune homme est lui aussi très intelligent et également sensible

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La relation entre les deux personnages est évidemment ancrée dans l'Histoire (avec un grand H) puisque chacun est censé être l'ennemi de l'autre dans ce conflit mais, en réalité, ce n'est pas le cas. J'ai aimé en apprendre davantage sur ce conflit, c'est un réel plus pour ce roman jeunesse. 

Mon seul bémol est le nombre de page. J'aurai tant aimé avoir 100/200 pages de plus ! Je vous conseille vivement la lecture de ce roman quelque soit votre âge. Je n'avais jamais entendu parler de ce récit avant ma lecture alors je ne veux pas que vous passiez à côté de cette merveille que je classe dans mes coups de cœur. J'ai appris qu'un film tiré de ce roman existe, je me ferai une joie de le découvrir, en espérant ne pas être déçue. 


"Si tu penses comme moi que nous devons apprendre à nous connaître, pour mille bonnes raisons, à commencer par nos vies que nous voulons construire dans la paix parce que nous sommes jeunes. Alors réponds-moi."






15 févr. 2017

Culottées, Tome 1 - Pénélope Bagieu

LA pépite livresque 



Auteur : Pénélope Bagieu 
Éditeur : Gallimard Bd
Parution : 22 septembre 2016
Genre : BD
Nombre de pages : 144 
Prix : 19€50

Résumé : Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés. Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin. 









Pénélope Bagieu nous offre, dans ce premier tome de Culottées, la vie de femmes qui sont plus ou moins connues et qui ont tout simplement décidé que leur destin serait comme elles, elles l'entendent. Pour toutes ces femmes, pas question de se laisser guider par un homme, par un "supérieur" ou par la société en général. Elles ont toutes décidé de faire leurs propres choix, d'assumer leurs actes et de vivre leurs rêves

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Rien que pour cela, il est très important que vous lisiez cette bande dessinée. Tous les messages qui sont véhiculés par Pénélope Bagieu sont beaux et forts. Rien n'est interdit sous le seul prétexte que l'on est une femme. Etre une femme ne doit en aucun cas être une limite à quoi que ce soit dans votre vie. Tous ces destins de femmes nous le prouvent à merveille. 

A mes yeux, Pénélope Bagieu a utilisé la recette parfaite pour cette BD. C'est tout d'abord un bel objet-livre avec une jolie couverture et des illustrations que j'adore tout particulièrement. Ensuite, le sujet abordé est évidemment d'une importance capitale sur cette planète ; puis, on apprend TELLEMENT de choses en lisant cette BD. Point excessivement important pour moi : l'humour. Punaise ce que cette femme est drôle ! Tout cela est en plus saupoudré de beaucoup d'intelligence. Bref, Pénélope Bagieu a vu juste. 

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Sincèrement, toutes ces histoires m'ont touché mais, si je dois vous parler d'une en particulier, je choisis Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba. L'histoire de cette jeune fille/femme m'a énormément émue et intéressée. A seulement 16 ans, elle ne se laissait déjà pas marcher sur les pieds et elle montrait son caractère de battante et de femme forte alors je ne vous raconte pas après... C'est typiquement le genre de femme que l'on pourrait qualifier de "Badass", j'ai adoré découvrir sa vie (comme celle de toutes les femmes présentent dans cette BD). 

Vraiment, cette BD est à mettre en toutes les mains peu importe l'âge, le sexe, l'origine... Tout le monde doit la lire. 


"Tove Jansson n'a jamais perdu de vue ses priorités. "Seules les passions et la joie peuvent être honnêtes. Rien de ce qu'on m' a forcée à faire n' a jamais apporté de joie. Ni à moi, ni à ceux qui m'entourent.""