25 févr. 2017

12 years a slave - Solomon Northup

Un témoignage bouleversant 


Auteur : Solomon Northup
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2 janvier 2014
Genre : Témoignage
Nombre de pages : 299
Prix : 16€95 

Résumé : 1841, ville de Washington. Deux hommes abordent Solomon Northup et lui proposent de jouer du violon dans leur cirque itinérant. À peine a-t-il accepté de les suivre qu’il est drogué et enlevé. Son identité est effacée et il est contraint de se présenter comme un esclave de naissance. Pendant douze terribles années, Solomon est vendu de propriété en propriété, travaillant dans les champs de coton ou sur des chantiers de construction en Louisiane. Dormant à même le sol poussiéreux, affamé, fouetté, il est menacé de mort par des maîtres qui le considèrent comme un sous-homme. Seule sa volonté de fer lui permet de ne pas sombrer dans la folie. Car Northup n’a qu’un objectif : survivre pour retrouver sa femme et ses trois enfants. Il ne laisse pas la cruauté le briser, et n’oublie jamais qui il est réellement : un homme prêt à tout pour retrouver sa liberté



Avant de débuter ma chronique, je tiens à dire qu'évidemment je ne vais absolument pas juger l'histoire racontée dans ce livre étant donné qu'elle a réellement été vécue par l'auteur. Nous sommes là dans le cas d'une non-fiction. 12 years a slave est le témoignage de Solomon Northup, un Noir libre devenu esclave car pris au piège par deux hommes. C'est l'histoire de la vie d'un père de famille, mari et homme libre qui va être bouleversé. 


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J'ai pris mon temps pour lire ce livre, qui n'est certes pas long, mais qui était très dur à lire car très pesant. Je le sais, dès que je lis des témoignages et autres histoires vraies, j'ai du mal à avancer dans ma lecture. J'ai d'ailleurs souvent abandonné des témoignages car ils étaient trop difficiles à lire pour moi. 12 years a slave ne déroge pas à la règle mais je ne l'ai pas abandonné car j'ai aimé ma lecture que j'ai trouvé passionnante malgré tout. C'est un récit émouvant, dur et très poignant

Même si je ne peux juger l'histoire en tant que telle, je peux vous parler de l'écriture de Solomon Northup qui est très agréable. J'ai apprécié les moments où il s'adressait directement à nous, lecteurs. Dès le début, on a l'impression qu'il est désireux de partager cette partie de sa vie avec nous et qu'il est important pour lui que l'on comprenne les moindres détails. Il raconte son histoire avec beaucoup de sincérité ; sans ni exagérer, ni adoucir les faits. 

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Solomon change de maître durant sa vie d'esclave et nous fait part des différences de traitements qu'il a observé. Il semble important pour lui de montrer aux lecteurs que chaque maître est différent et que ce ne sont pas tous des monstres inhumains. Aussi, il met un point d'honneur à nous parler de ses différents compagnons. Certaines de leurs histoires sont également très émouvantes et poignantes. Il faut également savoir que Solomon Northup était violoniste. La "relation" qu'il entretient avec son instrument et avec la musique en général est très belle. C'est un pan du récit qui m'a énormément touchée

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Solomon Northup écrit son récit au passé, alors qu'il est sorti de son statut d'esclave et qu'il a recouvré sa liberté. Nous savons donc d'avance que l'esclavage ne lui a pas ôté la vie. La dernière partie du livre est donc consacrée à sa libération qui est, je dois le dire, excessivement émouvante

Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce récit grâce au film qui s'en est inspiré et qui porte le même titre. J'ai récemment acheté le DVD pour pouvoir le visionner une fois ma lecture terminée. Maintenant que cela est fait, j'ai hâte de découvrir ce que donne ce témoignage sur écran. 


"La moindre pause, le moindre retard, les mouvements lents ou languissants étaient dès lors interdits ; il fallait être vif, animé, alerte. « Vers le haut, vers le bas, talon, pointe et on repart ». La silhouette corpulente d’Epps se mêlait à celles de ses esclaves sombres et se déplaçait rapidement dans le dédale des danseurs."





20 févr. 2017

Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie Zenatti

Une pépite dont on ne parle pas assez 



Auteur : Valérie Zenatti 
Éditeur : L'école des loisirs 
Parution : 14 janvier 2005 
Genre : Jeunesse
Nombre de pages : 179
Prix : 9€50

Résumé : C'est une journée ordinaire à Jérusalem, un attentat moyen : un kamikaze dans un café, six morts, deux jours d'info à la télévision. Oui, depuis trois ans, l'horreur est devenue routine, et la Ville sainte va tout droit en enfer. Tal, elle, ne s'habitue pas. Elle aime trop sa ville et la vie. Elle veut mourir très, très vieille et très, très sage. Un jour, en plein cours de biologie, une ampoule s'allume au-dessus de sa tête, comme dans un dessin animé. Voilà des jours qu'elle écrit ce qu'elle a sur le cœur, ses souvenirs, la fois où elle a vu ses parents pleurer de joie, le jour de la signature des accords de paix entre Israéliens et Palestiniens, et puis la désillusion, la révolte, la terreur, et l'espoir quand même. Ce qu'elle pense, ce qu'elle écrit, quelqu'un doit le lire. Quelqu'un d'en face. Elle l'imagine déjà, cette amie-ennemie inconnue aux cheveux noirs. Eytan, le frère de Tal, fait son service militaire à Gaza. Elle glisse ses feuillets dans une bouteille et la lui confie...


Tal aime écrire, c'est un fait. Mais il y a plusieurs façons d'écrire : pour soi-même ou pour quelqu'un d'autre. Elle prend l'habitude d'écrire ce qu'elle ressent, ce qui la rend en colère, ses espoirs. Elle vit à Jérusalem, cette ville qui un jour va voir mourir six personnes lors d'un attentat dans un café. Ce jour là, Tal explose et veut que cette guerre cesse. Elle n'accepte pas que chez elle, dans sa ville qu'elle aime des gens meurent. Elle le sait, ses écrits doivent être partagés et lu par quelqu'un. Elle demande à son militaire de frère de jeter la bouteille en verre dans laquelle elle a glissé ses écrits à la mer lorsqu'il partira faire son service militaire. 

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Tal est indéniablement un personnage touchant. Cette jeune fille est extrêmement intéressante et intéressée ; elle est curieuse, intelligente, peut-être quelques fois naïve mais irrésistiblement attachante. Je me suis beaucoup reconnu en elle c'est-à-dire en une personne curieuse de savoir "pourquoi?" : Pourquoi on se fait la guerre ? Pourquoi des gens tuent des innocents ? Pourquoi on a peur de mourir dans l'endroit où l'on a vu le jour pour la première fois ? Pourquoi ? Cette curiosité maladive et ce besoin d'être "utile" et d'agir m'a énormément touché. Vous l'aurez compris, Tal est un personnage que je n'oublierai pas de si tôt ! 

Tal va, à son plus grand bonheur, recevoir une réponse à sa bouteille jetée à la mer. Certes, son interlocuteur n'est pas comme elle l'imaginait mais leurs discussions vont tout de même la ravir. C'est Naïm, un jeune palestinien qui va alors entretenir avec Tal une correspondance par mails. Je pense que l'on peut parler de roman épistolaire 2.0 ;-) Naïm est d'abord très mystérieux car il ne dévoile que très peu sa vie et son histoire. Au fil de la lecture, on se rend compte que ce jeune homme est lui aussi très intelligent et également sensible

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La relation entre les deux personnages est évidemment ancrée dans l'Histoire (avec un grand H) puisque chacun est censé être l'ennemi de l'autre dans ce conflit mais, en réalité, ce n'est pas le cas. J'ai aimé en apprendre davantage sur ce conflit, c'est un réel plus pour ce roman jeunesse. 

Mon seul bémol est le nombre de page. J'aurai tant aimé avoir 100/200 pages de plus ! Je vous conseille vivement la lecture de ce roman quelque soit votre âge. Je n'avais jamais entendu parler de ce récit avant ma lecture alors je ne veux pas que vous passiez à côté de cette merveille que je classe dans mes coups de cœur. J'ai appris qu'un film tiré de ce roman existe, je me ferai une joie de le découvrir, en espérant ne pas être déçue. 


"Si tu penses comme moi que nous devons apprendre à nous connaître, pour mille bonnes raisons, à commencer par nos vies que nous voulons construire dans la paix parce que nous sommes jeunes. Alors réponds-moi."






15 févr. 2017

Culottées, Tome 1 - Pénélope Bagieu

LA pépite livresque 



Auteur : Pénélope Bagieu 
Éditeur : Gallimard Bd
Parution : 22 septembre 2016
Genre : BD
Nombre de pages : 144 
Prix : 19€50

Résumé : Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés. Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin. 









Pénélope Bagieu nous offre, dans ce premier tome de Culottées, la vie de femmes qui sont plus ou moins connues et qui ont tout simplement décidé que leur destin serait comme elles, elles l'entendent. Pour toutes ces femmes, pas question de se laisser guider par un homme, par un "supérieur" ou par la société en général. Elles ont toutes décidé de faire leurs propres choix, d'assumer leurs actes et de vivre leurs rêves

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Rien que pour cela, il est très important que vous lisiez cette bande dessinée. Tous les messages qui sont véhiculés par Pénélope Bagieu sont beaux et forts. Rien n'est interdit sous le seul prétexte que l'on est une femme. Etre une femme ne doit en aucun cas être une limite à quoi que ce soit dans votre vie. Tous ces destins de femmes nous le prouvent à merveille. 

A mes yeux, Pénélope Bagieu a utilisé la recette parfaite pour cette BD. C'est tout d'abord un bel objet-livre avec une jolie couverture et des illustrations que j'adore tout particulièrement. Ensuite, le sujet abordé est évidemment d'une importance capitale sur cette planète ; puis, on apprend TELLEMENT de choses en lisant cette BD. Point excessivement important pour moi : l'humour. Punaise ce que cette femme est drôle ! Tout cela est en plus saupoudré de beaucoup d'intelligence. Bref, Pénélope Bagieu a vu juste. 

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Sincèrement, toutes ces histoires m'ont touché mais, si je dois vous parler d'une en particulier, je choisis Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba. L'histoire de cette jeune fille/femme m'a énormément émue et intéressée. A seulement 16 ans, elle ne se laissait déjà pas marcher sur les pieds et elle montrait son caractère de battante et de femme forte alors je ne vous raconte pas après... C'est typiquement le genre de femme que l'on pourrait qualifier de "Badass", j'ai adoré découvrir sa vie (comme celle de toutes les femmes présentent dans cette BD). 

Vraiment, cette BD est à mettre en toutes les mains peu importe l'âge, le sexe, l'origine... Tout le monde doit la lire. 


"Tove Jansson n'a jamais perdu de vue ses priorités. "Seules les passions et la joie peuvent être honnêtes. Rien de ce qu'on m' a forcée à faire n' a jamais apporté de joie. Ni à moi, ni à ceux qui m'entourent.""



10 févr. 2017

La la land

Magique ! 


Réalisateur : Damien Chazelle
Acteurs principaux : Emma Stone, Ryan Gosling, John Legend 
Genre : Comédie musicale/Romance
Date de sortie : 25 janvier 2017  
Durée : 2h08
Nationalité : film américain

Résumé : Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 

De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?




Waouh ! Waouh ! Waouh ! Magique je vous assure, magique ! Cela faisais longtemps que je n'avais pas été autant emballé par un film. Je n'attendais vraiment rien de particulier de ce film-comédie musicale. Comme tout le monde, j'en avais entendu parler mais bon...je ne pensais sincèrement pas aimé autant. Vous attendez peut-être de savoir pourquoi tant de "Waouh !" et d'emballement de ma part, n'est-ce pas ? 

Résumons tout d'abord vite-fait (mais bien-fait) cette histoire. On découvre Mia, une jeune femme vivant à LA qui est serveuse dans un petit café mais qui a pour rêve de devenir comédienne. Elle passe auditions sur auditions sans que personne ne lui propose de rôle. Sebastian (appelons-le Seb) vit également à LA et est pianiste. Seulement, il joue dans des bars et autres clubs pas folichons du tout où il est payé une misère et où les gens ne l'écoutent qu'à peine. En bref, ces deux jeunes gens ont chacun un rêve de carrière bien différent de ce qu'ils font actuellement. 

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La La Land est donc l'histoire de leurs rencontres, oui au pluriel. En effet, ils vont se croiser pour la première fois dans un embouteillage alors que Seb roule derrière Mia, cette dernière n'avançant pas assez vite a son gout, il la klaxonne. Ce n'est pas un début extrêmement prometteur, nous sommes d'accord ! Mais, Mia va un jour retomber sur Seb en l'écoutant jouer du piano dans un de ces clubs où l'ambiance est environ égale à zéro. Ils vont alors se croiser et se recroiser au hasard de la vie. 

Pendant les toutes premières minutes (c'est-à-dire l'histoire de l'embouteillage), j'ai vraiment cru que je n'allai pas accrocher. Malgré cela, si l'on oublie ces quelques minutes, j'ai A-DO- du début à la fin. 

Le premier gros bon point pour moi c'est le jeu d'acteur. Emma Stone, que je ne connaissais que très peu avant le visionnage de La La Land, est pour moi une réelle révélation. Elle est rayonnante pendant tout le film. J'ai d'ailleurs fait la liste de sa filmographie pour pouvoir visionner tous ces films. Une révélation je vous dis ! Ryan Gosling est aussi merveilleux dans son rôle, avec ses petites mimiques bien à lui. 

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Ce sont majoritairement des airs de Jazz que l'on peut écouter dans cette comédie musicale. Aimant particulièrement ce genre musical, j'ai adoré. Le jazz a réussi a donné une atmosphère chaleureuse au film. Aussi, les couleurs, les décors, les costumes sont TOP ! Sincèrement, je ne vois rien à redire à ce film. De plus, moi qui n'aime pas particulièrement les films longs, je n'ai pas vu les 2h08 passer. Je pense que j'aurai même été capable de le voir deux fois de suite. 

Je vous conseille VIVEMENT d'aller au cinéma pour voir ce film pétillant, beau, pétillant et même drôle qui vous mettra à coup sur des étoiles dans les yeux. Le message qui est livré par Damien Chazelle est, selon moi, important de nos jours : il faut croire en ses rêves, ne rien lâcher et vivre de nos passions. A vous d'y croire et d'aller voir ce sublime film. 




"C'est ça le rêve. C'est à la fois un conflit et un compromis." 









5 févr. 2017

Tant que nous sommes vivants - Anne-Laure Bondoux

Une lecture mitigée 



Auteur : Anne-Laure Bondoux 
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Parution : 25 septembre 2014
Genre : Roman ado
Nombre de pages : 304
Prix : 15€

Résumé : Bo et Hama travaillent dans la même usine. Elle est ouvrière de jour, lui, forgeron la nuit. Dès le premier regard, ils tombent follement amoureux. Un matin, une catastrophe survient et ils doivent fuir la ville dévastée. Commence alors pour eux un fabuleux périple à travers les territoires inconnus... Mais quand l'ombre a pris la place de la lumière, l'amour suffit-il à nous garder vivants ?







Je vous l'annonce tout de suite : je ne sais toujours pas si j'ai aimé ou non ce roman. Je crois m'être tout simplement lassée au fur et à mesure de cette histoire... En effet, ce roman est découpé en trois parties bien distinctes et qui sont séparées dans le temps du récit. J'ai réellement adoré la première partie, c'est-à-dire la découverte de Bo et Hama, leur rencontre et la naissance de la relation. J'ai aimé connaître les prémices de leur amour et la vie à l'Usine. Seulement, de mon point de vue Anne-Laure Bondoux a ajouté trop d'informations, trop de fioritures pour que la suite me passionne autant. J'irai même jusqu'à dire que certains passages m'ont semblé brouillon, à mon grand regret. 

Le personnage d'Hama m'a beaucoup plu. C'est, pour moi, une femme forte et un personnage très intéressant, avec une psychologie et des limites bien définies par l'auteure. Bo m'a plu au départ puis je me suis détaché de lui au fil de ma lecture. Je crois avoir identifié le problème : je n'ai tout simplement pas compris son comportement changeant. Il considère avoir fait une erreur (même si pour moi ce n'est pas le cas, mais je comprend son ressenti) mais son comportement final est pour moi, là, sa réelle erreur. Si vous l'avez lu, n'hésitez pas à me dire si vous êtes d'accord ou non avec moi. Malgré cela, leur amour est fort, beau et va donner naissance à une jeune femme intelligente et pleine de curiosité que j'ai adoré. 

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Pour moi, l'un des thèmes majeurs de ce livre est le handicap et surtout comment vivre avec, comment le surmonter. Il faut alors trouver des stratagèmes et surtout toujours continuer à se battre comme le fait Hama. Justement, dans les deux premières parties du récit, Bo est d'une très grande aide pour Hama qui tâtonne encore un peu avec ce nouveau corps qu'elle ne reconnait que trop peu. 

Le problème de ce roman c'est aussi et surtout la vitesse : tout va trop vite et certaines choses arrivent comme un cheveu sur la soupe sans vraiment avoir un sens et une utilité, c'est le cas de toutes les sortes de "prémonitions" qui m'ont semblé étranges et sans intérêt. 

Comme vous le voyez, je reste mitigée face à ce livre. Je vous le conseille tout de même car il est toujours bon de se faire son propre avis. L'écriture reste poétique et c'est une lecture tout de même appréciable. Je suis déçue de ne pas l'avoir plus aimé après tous les bons avis que j'avais entendu. Peut-être l'ai-je lu trop vite ? Pas au bon moment ? 

Je n'hésiterai pas à lire d'autres romans d'
Anne-Laure Bondoux pour découvrir d'autres de ses univers. Je me souviens avoir lu Le temps des Miracles il y a maintenant un bon nombre d'années mais je n'en ai pas de réels souvenirs même si je sais que j'avais aimé ma lecture. Peut-être une relecture de ce roman dans les prochains jours ? A voir ! 


"Je me tournai vers lui, défaite, et la réalité m’apparut dans la lueur des lampes : nous étions deux enfants seuls, perdus dans des habits trop grands pour nous."



31 janv. 2017

Il a déjà tes yeux

Un très bon moment 


Réalisateur : Lucien Jean-Baptiste 
Acteurs principaux : Lucien Jean-Baptiste, Aïssa Maïga, Vincent Elbaz 
Genre : Comédie 
Date de sortie : 18 janvier 2017  
Durée : 1h35mins 
Nationalité : film français 

Résumé : Paul est marié à Sali. Tout irait pour le mieux s’ils arrivaient à avoir un enfant. Jusqu'au jour où Sali reçoit l'appel qu'ils attendent depuis si longtemps : leur dossier d'adoption est approuvé. Il est adorable, il a 6 mois, il s'appelle Benjamin. Il est blond aux yeux bleus et il est blanc. Eux… sont noirs ! 




Ce film, réalisé par Lucien Jean-Baptiste a pour thème principal l'adoption ; mais pas n'importe qu'elle adoption. En effet, ici c'est un couple de noirs qui va adopter un enfant blanc. Je suis ravie que ce thème soit abordé dans ce film grand public et familial car, c'est vrai, on rencontre plus souvent l'inverse : un couple de blancs qui adopte un enfant noir. Il me semble important de montrer aux gens que le contraire existe aussi et qu'il n'y a rien de choquant ou d'anormal là-dedans. 

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Ce que l'on va alors découvrir c'est le comportement des parents de la maman adoptive de Benjamin (Aïssa Maïga) face à cette nouvelle : votre petit-fils est blanc, il n'est pas africain et il s'appelle Benjamin. Pour eux, c'était tout simplement inimaginable que cela se produise. L'acceptation de ce nouveau venu dans la famille va alors être assez compliquée... J'ai trouvé l'étude de ce point de vue très intéressant. 

J'ai apprécié le jeu des acteurs en particulier celui de Lucien Jean-Baptiste qui est excessivement attachant et drôle. J'ai été, malheureusement, moins séduite par Aïssa Maïcha (que je ne connaissais pas) qui m'a parut un peu "scolaire" parfois. Par contre, sa mère (Marie-Sohna Condé) est pour moi le personnage le plus attachant ; c'est une femme de caractère qui m'a fait vraiment beaucoup rire. 

Mme Mallet, la femme qui s'occupe du dossier pour l'adoption (la référente à l’ASE = Aide Sociale pour l'Enfance) est très désagréable au début, mais, finalement, on se rend compte durant le film qu'elle se trouve face à un cas nouveau pour elle et que ça la perturbe. Dans le fond, c'est une femme finalement intelligente et pleine de tendresse et d'humanité. De mon point de vue, c'est elle qui tient les rênes de l'histoire. 

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Au final, on peut dire de ce film qu'il est pétillant et coloré. Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais il traite tout de même d'un sujet important et cela avec beaucoup de fraîcheur. On en ressort joyeux car on passe un joli moment. C'est un peu un "feel-good movie" comme on dit ;-) 

"-Bonjour 
-C'est quoi ça ? 
-...c'est Benjamin, maman." 




26 janv. 2017

On regrettera plus tard - Agnès Ledig

Une lecture agréable





Auteur : Agnès Ledig 
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2 mars 2016
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 320
Prix : 19,50€

Résumé :  Cela fait bientôt sept ans qu’Eric et sa petite Anna Nina sillonnent les routes de France. Solitude choisie. Jusqu’à ce soir de juin, où le vent et la pluie les obligent à frapper à la porte de Valentine. Un orage peut-il à lui seul détourner d’un destin que l’on croyait tout tracé ?








Agnès Ledig nous livre là l'histoire d'un rencontre. Une rencontre un soir d'orage. Eric élève sa fille Anna-Nina seul (je ne vous dévoile pas la raison) ; ce duo vit dans une roulotte et se balade sur les routes de France depuis 7 ans. Mais, ce soir d'orage, une branche s'abat sur la roulotte, casse le toit et oblige Eric à frapper à la première porte avec sa fille, malade, dans les bras. C'est Valentine, une institutrice, la propriétaire de cette charmante maison de province qui les accueille. Cette rencontre va bouleverser leur vie. L'idée m'a plu d'emblée même si ce n'est pas extrêmement original, avouons-nous le. 

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Dès le début du roman, j'ai beaucoup apprécié Eric, ce papa que la vie n'a pas épargné. En effet, il tente tant bien que mal d'apporter à sa petite Nanie la meilleure vie possible avec des valeurs importantes à ses yeux et de quoi faire en sorte qu'elle puisse s'épanouir. Du fait de leur mode de vie peu commun, Nanie se retrouve à savoir faire des choses que la plupart des enfants de son âge sont incapables de faire. Pour moi, cette éducation particulière et un peu marginale est d'une très grande richesse pour Nanie qui peut découvrir les choses simples, pures et "vraies" de la vie. Evidemment, la rencontre de ce duo père-fille avec Valentine va bouleverser leur vie si tranquille, calme et lente. 

Valentine est douce et attachante mais aussi parfois agaçante. En effet, elle accepte instantanément de loger les deux malheureux mais son comportement avec la petite fille m'a un peu dérangée à certains moments. En réalité, il y a une chose en particulier qui m'a énervée. J'ai l'impression qu'elle veut apporter à la petite des choses dont elle n'a pas forcément besoin. En fait, elle lui rajoute des besoins dont elle aurait très bien pu se passer, comme elle le fait depuis 7 ans. De plus, Valentine se rend bien compte qu'Eric se sent démuni et impuissant parce qu'il a le sentiment que sa fille lui échappe, mais ce n'est pas grave, elle continue tête baissée. N'hésitez pas, si vous avez lu ce roman, a me dire ce que vous avez pensé du personnage de Valentine. 

J'ai, par contre, apprécié que le thème de la littérature et de la poésie soit mis en avant. J'aime toujours lorsque l'on parle de livre dans un livre. 


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Par contre, j'ai adoré Gustave, le vieux voisin de Valentine qui est touchant et d'une gentillesse pure et vraie. On va d'ailleurs découvrir son passé d'un façon originale qui m'a beaucoup plu. Gaël, le meilleur ami et collègue de Valentine m'a aussi beaucoup touché même s'il est lui aussi quelques fois agaçant. J'ai eu l'impression qu'il subissait sa vie ; c'est quelque chose qui m'insupporte tant dans les livres que dans la vie ! 

A mes yeux, la force d'Agnès Ledig ce sont ses personnages toujours très troublants car très "humains". Pour avoir également lu (et adoré!) Pars avec lui, les personnages qu'elle invente portent ses histoires. Cela se confirme avec le personnage d'Anna-Nina (ou Nanie pour les intimes) qui est une gamine remarquable car très intelligente, curieuse, douce et pleine de bon sens. Pour moi, si cette petite est si formidable c'est justement grâce à son éducation et sa vie "originale". 

En bref, j'ai aimé découvrir cette histoire malgré quelques soucis avec les personnages. C'est un roman où l'on ne s’ennuie pas et qui ne laisse pas indifférent. 



"Mais le temps a-t-il une importance quand la rencontre est évidente ? On peut savoir au bout de quelques minutes que la personne que l'on vient de croiser comptera dans notre vie."